1930 : une paroisse de la campagne, un rang
de cultivateurs... Pauvreté et dur labeur. Morosité
et résignation devant une 'sainte misère' que la
toute-puissante religion du temps trouve à valoriser.
C'est la grande dépression. Rien ne différencie
ce 5e rang de Saint-Léon de tous les autres au Québec...
Et pourtant, il s'en passe là-bas, et comme nulle part
ailleurs, sous le couvert d'un secret bien gardé qui ne
saurait l'être longtemps. Des couples d'avant-garde, qui
se donneront le surnom de 'frappeurs', commencent à pratiquer...
l'échangisme.
(On s'en parlait entre adultes à voix basse quand j'étais
enfant, sans voir mes oreilles tendues; et puis, je lisais sur
les lèvres ces croustillants récits à odeur
de péché de la chair...)
Comment des gens si bien enracinés dans le terroir, 'bons'
catholiques, partageant toutes les valeurs à la mode de
ce temps gris, en vinrent-ils à adopter pareil comportement
?... Risques de descendance consanguine, d'excommunication et
quoi encore...
Comment ça se passait... dans les cabanes, les champs,
les granges et certaines maisons en l'absence des enfants...
Mais le ciel et le presbytère, mis en alerte, se feront
menaçants. Le vicaire aura beau être bel homme et
plutôt tolérant, le curé, quant à
lui, surveille de son oeil autoritaire... Et puis, il y a le
vieil homme par qui le scandale arrive, le bossu qui en sait
trop, le forgeron qui cancane et la fille possédée
du démon qui parfois vient faire une étrange incursion
dans le cinquième rang...
L'auteur